En Haute-Savoie, appelez le centre de sauvegarde de la faune sauvage des Pays de Savoie, Le Tétras Libre, au 07 83 80 05 46, avant de déplacer l’animal. En attendant, placez-le dans un carton aéré, au calme et dans l’obscurité, sans lui donner ni à boire ni à manger, et ne le gardez jamais chez vous.
Un merle assommé contre une baie vitrée, un hérisson qui titube en plein jour, un jeune renard immobile au bord de la route de Boëge : dans nos vallées, il arrive souvent de tomber sur un animal sauvage en difficulté. Le premier réflexe est de vouloir le soigner soi-même ou de l’apporter chez un vétérinaire. Voici ce qu’il faut faire, et ce qu’il vaut mieux éviter.
Est-ce que l’animal a vraiment besoin d’aide ?
Avant d’intervenir, prenez quelques minutes pour observer de loin. Beaucoup d’animaux qui semblent abandonnés ne le sont pas :
- un jeune oiseau couvert de plumes qui sautille au sol est souvent en train d’apprendre à voler, et ses parents le nourrissent à proximité ;
- un faon couché seul dans l’herbe attend sa mère, qui le laisse volontairement caché pendant la journée ;
- un levraut reste immobile pour échapper aux prédateurs, sa mère ne revient que quelques fois par jour.
En revanche, l’animal a besoin d’aide s’il :
- est blessé, saigne, a une aile pendante ou une patte qui ne le porte plus ;
- a été attrapé par un chat ou un chien, même sans blessure visible : les morsures et les griffures s’infectent très vite ;
- est pris dans un filet, un grillage ou du fil de pêche ;
- est visiblement faible, couvert de mouches ou incapable de fuir quand vous approchez ;
- est un oisillon nu ou presque, tombé du nid.
Les cas particuliers ont chacun leur article : le faon seul dans l’herbe, l’oisillon tombé du nid et le hérisson en plein jour.
Qui appeler en Haute-Savoie ?
Le bon interlocuteur est un centre de sauvegarde de la faune sauvage. Ces structures sont autorisées à détenir et soigner les animaux sauvages, y compris les espèces protégées, puis à les relâcher dans leur milieu.
Pour la Haute-Savoie, la Savoie et une partie de l’Ain, il s’agit du centre de sauvegarde de la faune sauvage des Pays de Savoie, Le Tétras Libre :
- ligne SOS Faune sauvage : 07 83 80 05 46 ;
- site : csfs-paysdesavoie.org.
Si personne ne répond, laissez un message avec vos coordonnées, le lieu et une brève description de l’animal : l’équipe rappelle dès que possible. Ne vous rendez pas au centre sans l’avoir contacté, car il vous indiquera la marche à suivre et, parfois, un point relais plus proche de chez vous.
Pour un grand animal blessé sur la route (chevreuil, sanglier, cerf), n’approchez pas : il peut être dangereux. Mettez-vous en sécurité, signalez l’animal et prévenez la gendarmerie ou la mairie si la circulation est en danger.
Pourquoi ne pas l’apporter chez un vétérinaire ?
Un vétérinaire peut apporter les premiers soins d’urgence à un animal sauvage, mais il ne peut pas le garder ni assurer sa convalescence : la détention d’animaux d’espèces sauvages, souvent protégées, est réglementée. Les centres de sauvegarde ont les autorisations, les installations (volières, enclos, isolement) et les compétences pour nourrir chaque espèce, la rééduquer et la relâcher.
Pour ma part, je soigne les chiens, les chats, les lapins et les cobayes. Je ne peux pas prendre en charge la faune sauvage blessée, et je vous oriente systématiquement vers le centre de sauvegarde.
Comment le transporter et le mettre à l’abri en attendant ?
Une fois le centre contacté, suivez ses consignes. En règle générale :
- Protégez-vous : mettez des gants ou utilisez une serviette épaisse, car un animal sauvage stressé mord, griffe ou pique.
- Placez-le dans un carton percé de petits trous d’aération, tapissé d’un linge ou de papier absorbant, avec un couvercle.
- Installez-le au calme et dans l’obscurité, dans une pièce tempérée, loin des enfants, des chiens et des chats.
- Ne le manipulez plus : ne le caressez pas, ne lui parlez pas, ne l’ouvrez pas toutes les dix minutes pour vérifier.
- Transportez-le rapidement vers le centre ou le point relais indiqué.
Faut-il lui donner à manger ou à boire ?
Non. C’est l’erreur la plus fréquente, et elle peut être fatale. Un animal en état de choc n’est pas capable de digérer. Donner de l’eau à la pipette à un oiseau ou à un hérisson peut l’étouffer : le liquide passe dans les voies respiratoires. Et chaque espèce a des besoins très particuliers : le lait de vache, par exemple, rend gravement malades les hérissons et les jeunes mammifères.
Ne donnez rien, et laissez les soigneurs décider.
Pourquoi ne faut-il pas le garder chez soi ?
Garder un animal sauvage chez soi est interdit pour la plupart des espèces, protégées par la loi. C’est aussi une mauvaise idée pour l’animal :
- un jeune élevé par l’homme s’imprègne : il perd sa peur de l’humain et ne sait plus se nourrir ni se méfier des prédateurs, ce qui compromet sa survie une fois relâché ;
- les blessures internes, les fractures et les infections passent inaperçues sans examen spécialisé ;
- certaines maladies se transmettent des animaux sauvages à l’homme ou à vos animaux.
Et les chauves-souris ?
Les chauves-souris sont toutes protégées. Ne les touchez jamais à mains nues : en France, certaines peuvent être porteuses d’un virus apparenté à la rage. Utilisez des gants épais ou une serviette, et appelez le centre de sauvegarde. En cas de morsure ou de griffure, lavez la plaie et consultez un médecin sans tarder. J’y consacre l’article chauve-souris dans la maison : pourquoi ne jamais la toucher à mains nues.
Que faire si c’est votre chien ou votre chat qui l’a attrapé ?
Si votre chat rapporte un oiseau vivant ou votre chien un jeune lapin, mettez la proie à l’abri dans un carton et appelez le centre : même une petite morsure peut être mortelle pour l’animal sauvage, à cause des bactéries de la salive.
Et pensez à votre animal : s’il a été mordu ou griffé, s’il a joué avec un crapaud ou s’il a mangé une proie, surveillez-le. En cas de bave abondante, de vomissements ou de plaie, appelez-moi. Les risques liés aux renards et aux rongeurs sont détaillés dans l’article échinococcose alvéolaire : le parasite du renard.
En résumé
- Observez d’abord de loin : beaucoup de jeunes animaux seuls ne sont pas abandonnés.
- En Haute-Savoie, appelez Le Tétras Libre au 07 83 80 05 46 avant de déplacer l’animal.
- Carton aéré, calme, obscurité, et ni eau ni nourriture.
- Ne le gardez pas chez vous : c’est interdit pour la plupart des espèces et dangereux pour sa survie.
- Ne touchez jamais une chauve-souris à mains nues.